Histoire

Situé dans la région du Hurepoix, le territoire de l’agglomération recèle des témoignages d’occupation anciens (Néolithique) et des vestiges de nombreuses anciennes fermes agricoles que la présence de terres réputées parmi les plus fertiles d’Ile-de-France explique certainement. Marqué par des plateaux et des vallées, sa géographie et sa topographie, ainsi que les sillons formés par les cours d’eau de l’Yvette et de l’Orge, ont façonné son développement démographique, économique et urbain.

Archéologie

Les premières traces d’habitations mises au jour par l’INRAP ou par des équipes d’archéologues bénévoles suite à des fouilles préventives, sont découvertes sur les sites suivants :

 

À Palaiseau, quartier Camille Claudel un habitat rural de la seconde moitié de l’âge de fer et quartier Polytechnique des traces d’occupation du Néolithique ainsi les vestiges d’une imposante ferme gauloise de 250 à 120 ans avant notre ère.


À Saclay Val d’Albian une ferme gauloise du IIè s. av. J-C, villa gallo-romaine, des hameaux du Moyen-Age.

 

En limite de Gif-sur-Yvette et Orsay, rue Joliot Curie, traces d’occupation depuis le Néolithique, Age de Bronze et vestiges aujourd’hui visibles d’une villa gallo-romaine du début du IIè s. ap. J-C.

 

À Longjumeau, Champtier des Cerisiers, un établissement gallo-romain du Haut-Empire.

 

À Wissous, outre des traces d’occupation depuis la préhistoire, sur site de l’aéroport d’Orly, une ferme gauloise du IIè s. av. J-C est excavée en 2011.

 

À Massy, rue du Pérou, un axe ancien de circulation Paris-Orléans utilisé depuis l’antiquité jusqu’au XVIIè s. Il est abandonné au profit d’un autre axe suivant le tracé de la RN20. Le propriétaire d’une villa gallo-romaine aurait donné son nom, Matius ou Matheus, à la ville.

 

À Chilly-Mazarin et Wissous, les eaux alimentaient l’aqueduc de Lutèce et les Thermes de l’Est et de Cluny.

Époque Moderne

Du moyen âge à l’Ancien régime, le territoire voit son découpage évoluer régulièrement. L’Abbaye de St-Germain-des-Près est historiquement l’un des plus importants propriétaires du territoire avec Massy, Palaiseau, Verrières, Epinay, Nozay. Elle s’est également étendue un temps sur les communes d’Orsay, Bures, Gif, Saclay, Vauhallan et Villebon. Ce domaine passe de main en main au gré des legs et alliance. Ainsi. Saint-louis donne en 1262 sa fille Jeanne en mariage à Jacques Le Brun, seigneur de Palaiseau. Jean Sans Peur obtint pat la suite ce domaine tout comme les châteaux de Montlhéry et Marcoussis. Le domaine resta ensuite propriété de la famille de Guillaume III de Harville jusqu’au XVIIIè s. Le dernier noble à en être propriétaire fut le prince Louis-Joseph de Condé jusqu’à la Révolution.

 

La liaison de Paris à Orléans, qui reprend peu ou prou le tracé de l’actuelle RN20, desservant ainsi des domaines royaux, fait du territoire un enjeu stratégique. La construction du château de Montlhéry ne résiste pas aux craintes que celui-ci inspire de par son positionnement sur cet axe et Henri IV en ordonne la destruction. Seule la tour subsiste aujourd’hui.

 

L’activité économique est essentiellement agricole sur le territoire. Sur le plateau de Saclay, si les traces archéologiques attestent d’une telle activité avant notre ère, elle semble péricliter un temps avant de renaître sous l’impulsion d’établissement monastiques, de commanderies (Saclay), de maladreries et maisons-Dieu à Palaiseau et Orsay notamment. On y cultive alors essentiellement blé, orge, seigle, avoine. Au XVIIè s., les hameaux peuplés de petits paysans disparaissent et les masures en ruines sont rachetées par la bourgeoisie seigneuriales qui constitue des ensembles atteignant jusqu’à plus de 300 hectares. Dès lors deux mondes coexistent, les grandes exploitations du plateau et les petits exploitants de vergers et de fruits des vallées.

 

L’ingénieur Gobert, intendant des bâtiments du roi Louis XIV, eut l’idée d’acheminer les eaux de pluie du plateau de Saclay d’altitude plus élevée que Versailles pour alimenter les eaux du domaine éponyme. Vauban créa un viaduc de 780 mètres et des étangs pour concrétiser cette prouesse technique pour l’époque. La construction du réseau de rigoles pour alimenter Versailles contribuera à drainer les terres du plateau et augmenter ainsi la fertilité des sillons faisant un des territoires agricoles les plus rentables du Hurepoix.

 

La famille Grimaldi est liée à une partie du territoire comme en témoignent aujourd’hui parmi les titres officiels portés par SAS le Prince souverain de Monaco, ceux de baron de Massy, marquis de Chilly et comte de Longjumeau hérités du Duc de Mailleray arrière-grand-père de Louise d’Aumont, ancêtre du Prince de Monaco, femme de Honoré IV de Monaco.

Fin du XIXème siècle

Le mouvement de l’exode rural n’épargne pas le territoire et se traduit notamment par la disparition définitive du tissu des petites exploitations agricoles familiales rachetées par de grandes fermes. La mécanisation accompagne ce mouvement encouragé par les pouvoirs publics ; un Office agricole départemental est ainsi créé en 1919, pour augmenter les rendements. Il y a ceux qui conservent leurs chevaux de trait faute de pouvoir investir dans un tracteur et payer un carburant cher, et ceux qui peuvent s’y engager grâce à une surface et des rendements suffisants. Un mouvement inéluctable est engagé. La seconde guerre mondiale accélèrera la disparition des chevaux promis à une autre fin qu’agricole. L’entreprise Barbier de Wissous en est l’exemple moderne avec ses engins agricoles traversant la région de Montlhéry le long de la N20 pour aller de ferme en ferme.

 

La mutation s’accélère et le rail vers Paris et la mécanisation ne font qu’augmenter la quantité de main d’œuvre saisonnière nécessaire, en particulier pour la cueillette des fraises, qu’elle vienne de France, 200 patronymes bretons sont ainsi recensés à Igny en 2004, et de pays limitrophes (les bretons finiront par remplacer les Belges). Ils succèdent ainsi aux carriers italiens de Gif, et du pays de Chevreuse qui contribueront à la prospérité du commerce local. Beaucoup s’installeront définitivement ici. Les produits sont réputés, fraises et vin de Vauhallan, « petit vin au bon goût » dit-on aux Halles de Paris. Le phylloxera fera ici comme ailleurs des ravages et mettra, avec l’aide de la concurrence des autres régions françaises, un terme à la vigne. Violettes, pensées et arbres fruitiers prennent le relais.

 

  • Une activité agricole et maraîchère dominante

 

L’activité agricole, dominante à cette époque, évolue en fonction de rendements mais également des possibilités d’acheminer les marchandises jusqu’à Paris. Si la vallée de l’Yvette a longtemps abrité de nombreux vergers, la culture s’oriente de plus en plus vers les légumes, les fraises et les fleurs. Haricots, salades, tomates, choux, épinards, oseille, fraises, la violette sont les principaux produits qui ont remplacé les exploitations céréalières. Les lignes de chemins de fer permettant d’acheminer ces produits rapidement aux halles de Paris (52 wagons par nuit de produits maraichers en 1929) ont très largement contribué à cette production et notamment la fraise chargée à Lozère ou Marcoussis, qui connut un essor très important sur le territoire.

Les importants espaces agricoles subsistant sur le territoire de l’agglomération, triangle vert et plateau de Saclay, témoignent encore aujourd’hui du dynamisme passé.

 

Dans le domaine industrieux et artisanal, l’activité est marquée par les tanneries qui essaiment le long de l’Yvette, de Gif à Longjumeau, les carrières de grès (principaux gisements d’Ile de France), de plâtre à Marcoussis et de meulières de Villiers-le-Bâcle, Gif, Palaiseau, Villejust, Ville du Bois. Le grès servira à paver les voies parisiennes dès 1750 et concurrence celui extrait dans le massif de Fontainebleau de moins bonne qualité. L’importance de la main d’œuvre employée dans ce domaine confèrera un succès notable en termes d’influence au syndicat des carriers, meuliers, terrassiers et paveurs au tout début du siècle (entre 1905 et 1911 ils obtiendront une augmentation de 30%).

 

Ces activités laisseront leur place à d’autres au lendemain de la seconde guerre mondiale avec le début des lotissements accompagnant les besoins en logements et se prolonge par le développement des pavillons de banlieues que le chemin de fer rend accessible depuis Paris et la petite couronne en semaine et le week-end pour les fêtes locales et bals.

Epoque récente

Dans un contexte de crise du logement dans les années 50-60 le territoire n’échappe pas à la construction de grands ensembles comme sur les 145 ha sur Massy et Anthony qui permettent de doubler la population de cette première ou bien la création d’une « ville nouvelle » en 1977, Les Ulis, conçue sur le principe très en vogue alors de l’urbanisme de dalles. Parallèlement, de grandes zones économiques qui accueillent principalement des secteurs de l’industrie de pointe, informatique, de la santé et dans le domaine de la logistique.

 

  • Un pôle économique de premier plan

 

Premier parc tertiaire européen, le parc d’activités de Courtaboeuf est créé sur 450 hectares dans les années 60. Son nom lui vient d’une ferme du XVIIIè s. installée au lieu-dit de Cour à bœuf. Le gouvernement de Michel Debré décide en 1960 de l’installation d’une ZUP de 10000 logements sur les territoires d’Orsay et de Bures. Ces deux communes constituent une SEM et un district pour la création d’un parc industriel sur Orsay, puis Villejust et Villebon. La première entreprise, AtoChem, s’installe suivie par Hewlett-Packard l’année suivante. En 1976 est créée l’association ADEZAC qui regroupe les entreprises de la zone. D’autres équipements suivent, centre commercial des Ulis 2 en 1973, celui de Villebon 2 en 1988, caserne de pompiers, centre de tri postal. En 1977, l’emprise orcéenne est transférée à la commune nouvelle des Ulis.

L’émergence d’une vocation scientifique

Entre la vallée de la Bièvre au nord et celle de l’Yvette au sud le plateau de Saclay connaît progressivement une destinée singulière qui vient succéder à la vocation agricole première. Pour autant c’est bien du mariage des deux que naissent les premières activités scientifiques : champs expérimentaux e Vilmorin et de la Ferme des Granges à Palaiseau au début su siècle dernier. Suivront ensuite les terres de l’INRA, d’AgroParisTech, du pôle universitaire de la ferme de Moulon.

 

Dans un autre domaine, en 1907, Jacques Danne, ingénieur et ancien préparateur de Marie Curie est chargé par Pierre Curie de développer un site de production d’instruments de physique à base de radium. Le laboratoire s’installe à Gif où est fondée ensuite la Société Nouvelle du Radium sur un site de 3 hectares.

 

En 1946, Frédéric Joliot-Curie, alors à la tête du CNRS, installe un centre pluridisciplinaire  de génétique à Gif. Il sera également à l’origine de l’implantation du site du CEA sur Saclay qui ouvre ses portes en 1952. S’ensuivront l’implantation de grandes écoles, laboratoires et centre de recherche et développement privés.

 

La voie, ou destinée, scientifique est dès lors tracée et se poursuit aujourd’hui et pour de nombreuses années encore au travers du cluster Paris-Saclay.

Transports

La création de la ligne de Sceaux, créée en 1838 de Paris à Sceaux, et desservant alors Massy-Verrières, poursuit sa pénétration sur le territoire via Orsay en 1848 puis Palaiseau et se poursuivra en 1867 jusqu’à Limours. Elle sera électrifiée jusqu’à Saint-Remy-lès-Chevreuse, via Bures et Gif, suivant en cela la vallée, en 1939. Elle permettra une desserte rapide et confortable, tant pour les passagers que pour les marchandises avant de devenir la ligne du Réseau Express Régional B telle qu’on la connaît aujourd’hui.

 

À l’Est la ligne de la Grande ceinture mise en service en 1883 permis de desservir Longjumeau, Chilly, Champlan, Massy-Palaiseau, Igny sur une tangentielle Est-Ouest.

 

En 1894, la ligne de l’Arpajonnais (tramway) permettra de desservir la Porte d’Orléans depuis Arpajon avec une desserte de Linas, Montlhéry, La Ville du Bois, Ballainvilliers, Saulx-les-Chartreux, Marcoussis (embranchement), Longjumeau, Chilly-Mazarin, Wissous, le Petit Massy.

 

Aujourd’hui le territoire est traversé par la LGV Atlantique.

 

Le trafic routier, longtemps concentré sur la RN20 est complété par l’A6 en 1960, puis par l’A10 une dizaine d’années plus tard. Ces deux autoroutes forment avec la N118 (anciennement RN446 et RN306) les grands axes routiers irriguant le territoire et desservant des zones économiques et logistiques majeures comme celles de Courtaboeuf ou de Wissous-Chilly.

 

Ces activités évoluent très nettement au courant de la première moitié du XXème siècle.

Economie

La création de l’aéroport d’Orly offrira, outre une desserte nationale et internationale du territoire,  un potentiel de forte croissance économique, mais également démographique, au territoire et en premier lieu aux communes proches telles Wissous et Chilly-Mazarin.

Quelques dates marquantes

 

1465 : Bataille de Montlhéry entre le roi de France Louis XI et Charles le Téméraire, futur Duc de Bourgogne. L’issue en est restée incertaine, chacune des parties ayant crié victoire.

1568 : La Paix de Longjumeau est signée entre catholiques et protestants et met fin à la deuxième guerre des religions.

1790 : Création des départements. Les terres essonniennes forment une partie de la Seine et Oise.

1918 : Aménagement du camp d’aviation d’Orly-Villeneuve qui deviendra l’aéroport de Paris-Orly dont une partie est située sur la commune de Wissous.

1924 : Mise en chantier de l’autodrome de Linas-Montlhéry.

1946 : Le CNRS (Centre national de la Recherche Scientifique), créé en 1939, s’installe à Gif-sur-Yvette.

1949 : Le Commissariat à l’énergie atomique, créé par le Général De Gaulle en 1945, s’installe à Saclay (aujourd’hui également sur la commune de Saint-Aubin).

1968 : Le département de l’Essonne est créé.

1972 : Négociation des accords du Viet-Nam avec le Lê Duc Tho et Henry Kissinger à Gif-sur-Yvette dans la maison du peintre Fernand Léger

1976 : Transfert de l’Ecole Polytechnique de Paris à Palaiseau.

2002 : Ouverture du Centre national du rugby à Linas-Marcoussis.

2003 : Signature des « Accords de Marcoussis » franco-ivoiriens

 

Personnages célèbres

 

Catherine Henriette de Balzac d’Entragues (XVIè s.) fille du seigneur de Marcoussis, elle deviendra la favorite du roi Henri IV dont le château de Marcoussis abritera leur liaison

Juliette Adam, femme de lettres (XIXè-XXè s.) séjourne dans l’ancienne Abbaye de Gif-sur-Yvette jusqu’à sa mort

Jean-Baptiste Corot, peintre (XIXè s.) fait plusieurs séjours à Marcoussis

Fernand Léger, peintre (XXè s.) résida à Gif-sur-Yvette

Lénine, homme politique (XXè s.) résida durant son exil à Longjumeau

Gerges Sand, écrivaine (XIXè s.) demeure à Palaiseau à la Maison Blanche

Charles Péguy, écrivain (XXè s.) s’établit à Saint-Clair sur la commune de Gometz-le-Châtel, puis à Orsay et Palaiseau

André Malraux, écrivain, ministre, (XXè s.) vécut de nombreuses années au château de Verrières-le-Buisson

Paul Fort, Poète, (XXè s.) s’installe définitivement au domaine d’Argenlieu à Montlhéry où il décèdera

Alain Chabat, acteur (XXè s.) a grandi à Massy

Yves Lecoq, humoriste (XXè s.) s’installe au château de Villiers-le-Bâcle en 1995

Léonard Fujita, peintre (XXè s.) a installé son atelier à Viliers-le-Bâcle (celui-ci se visite de nos jours)

Thierry Henri et Patrice Evra, footballeurs (XXè s.) sont originaires des Ulis

Edward VIII, Duc, ex-roi d’Angleterre, et la Duchesse de Windsor, Wallis Simpson, aristocrates (XXè s.) résident à Gif-sur-Yvette

Bibliographie sélective

 

  • L’Essonne au travail, Tome I et II, Frédéric Delacourt, éd. Alan Sutton, 2009
  • De l’eau du Plateau de Saclay aux Fontaines de Versailles, coll. , éd. ADER, 2013
  • Petite ensaclaypédie, Pierre Veltz, éd. La Découverte, 2015
  • Plateau de Saclay, Jacques de Givry, JDG publications, 2013
  • Gif-sur-Yvette en quête de son histoire, coll. , AGA, 1992 (épuisé)
  • Le patrimoine des communes de l’Essonne, coll. , éd. Flohic, 2000
  • Igny Saclay et alentours, Gérard Becu (sous le dir. de), Association Germinal, Atelier des cinq communes, 1993.
  • Longjumeau Histoire, Archéologie, biographie du canton de Longjumeau, Théodule Pinard, éd. Livre Histoire, 2005
  • Histoire de Saulx les Chartreux, doyenné de Longjumeau, diocèse de Versailles, Aquilas Chaudé, ed. Hachette livres – BNF, 2012

Cette approche historique du territoire de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay est forcément réductrice et mérite d’être enrichie ; en ce sens elle est ouverte à toutes les propositions de rectifications et de contributions nouvelles.

Informations annexes au site